Alerte aux «cryptolockers», ces nouveaux pirates informatiques venus de l'Est

Installés en Ukraine ou en Russie, des petits génies de l'informatique fabriquent des virus qui «paralysent» les données personnelles des internautes. Une nouvelle forme de délinquance qui inquiète les professionnels alors que s'ouvre à Lille le Forum international de la cybersécurité.Dans l'univers des «cyber-malfrats», les gangs de «cryptolockers» montent en puissance et pourraient à terme faire des ravages à l'échelle planétaire. Venus de Russie ou d'Ukraine, ces petits prodiges de l'informatique fabriquent des virus tenaces qui «chiffrent» et paralysent à distance documents et fichiers personnels pour les rendre inaccessibles à leurs utilisateurs légitimes. Pris au pièges, ces derniers doivent payer une rançon pour débloquer leur machine et récupérer leurs données.

 «L'argent est souvent exigé en "Bitcoin", monnaie électronique difficilement traçable qui est notamment utilisée sur des sites de ventes de drogue», précise le colonel Éric Freyssinet, chef de la division de lutte contre la cybercriminalité à la Gendarmerie nationale.

En général, ces nouveaux pirates du Net exigent une rançon de 2 à 4 Bitcoins, dont le cours oscille actuellement autour de 680 euros. Apparus en 2013 en ciblant à travers le monde des dizaines d'entreprises ayant des serveurs sur internet, les «cryptolockers» ont fait évoluer la menace en contaminant les postes de travail des ordinateurs des particuliers. Le virus, diffusé via des clefs USB infectées, des liens internet et des messages publicitaires piégés, frappe la Grande-Bretagne et les États-Unis, où 1300 attaques ont déjà été recensées mais aussi la France, qui serait le sixième pays le plus touché au monde.

Les cyber-attaques ont plus que doublé

Face au péril qui monte, les gendarmes enregistrent encore peu d'affaires, dans la mesure où nombre de victimes institutionnelles renâclent à déposer plainte pour ne pas écorner leur réputation. «Le phénomène est inquiétant car les «cryptolockers» ciblent par pays et par zones géographiques», observe le colonel Freyssinet. L'organisation criminelle s'est professionnalisée au point que les fabricants de virus négocient désormais les infections, jusqu'à 180 dollars le lot de 1000 contaminations, à des intermédiaires qui piratent les serveurs en batterie.

Cette nouvelle forme de délinquance inquiète les professionnels, alors qu'un Forum international de la cybersécurité (FIC) s'ouvre mardi à Lille (Nord) en présence du ministre de l'Intérieur, Manuel Valls. Un dernier bilan démontre que près de 800 000 artes bancaires ont été piratées l'année dernière en France. Selon les estimations les plus basses, le coût de la cybercriminalité est estimé à 800 millions d'euros en France. Dans une note publiée le 17 septembre dernier, l'Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales  (ONDRP) a révélé que les atteintes aux systèmes de traitement automatisé des données (STAD) enregistrées par les services de police et unités de la gendarmerie nationale sont passées de 626 à 1427 entre 2010 et 2012. Les Cyber-attaques  en France ont donc plus que doublé en deux ans. Pour lutter contre ce fléau, la gendarmerie nationale mobilise 269 enquêteurs «n'tech», relayés par un millier de cyber-gendarmes correspondants à travers le pays

Source Le Figaro 21/01/2014 par Christophe Cornevin

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